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Fraternités de Jérusalem - Montréal                                
Sanctuaire du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est, Montréal, Qc, Canada, H2J 1W5

«En choissisant de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que ta vie est au coeur de Dieu. »

Livre de vie de Jérusalem





Père Gérard Busque 
  La puissance de notre foi et espérance


  Vendredi 7 décembre 2007 - Saint Ambroise, évêque de Milan, docteur de l’Église - C
  Is 29, 17-24; Ps 26 ; Mt 9, 27-31


  Homélie du père Père Gérard Busque, sss 


Durant l’Avent, les premières lectures sont tirées des prophètes, comme Isaïe et elles nous annoncent les temps nouveaux, les jours où Dieu fera toutes choses nouvelles en venant lui-même sauver son peuple. Les Évangiles durant cette période sont choisis en lien avec ces promesses et racontent comme Jésus les a réalisées.

Ce soir Isaïe annonce les jours où les sourds entendront et les aveugles sortiront de leur obscurité  Dans l’évangile nous voyons Jésus ouvrir les yeux de deux aveugles. Il est la lumière que le Père envoie pour éclaire l’humanité.

Essayons de nous représenter cette guérison pour mieux voir comment Jésus nous guérit aujourd’hui de nos aveuglements.

« Jésus est en route; deux aveugles le suivent en criant : Aie pitié de nous, Fils de David. »

« Ils le suivent en criant » : ils attendent un geste de sa part, ils espèrent retrouver la vue. Ces aveugles qui crient leurs besoins me font penser à tous ces hommes, ces femmes et enfants qui attendent quelque chose autour de moi. Ils ne crient pas tous dans les rues avec des pancartes. Cependant la télévision nous présente régulièrement les cris des peuples ou des groupes qui attendent quelque chose : je pense aux peuples palestiniens et Israéliens qui crient pour la paix et la réconciliation depuis des dizaines d’années; je pense aux 30 millions de personnes atteintes du Sida qui crient pour des soins et des médicaments qui leur sauveront la vie; je pense aux millions de réfugiés, de déplacés au Soudan qui crient leur faim et leur de paix. Je pense aux personnes enlevées, comme Mme Ingrid Bétancourt qui crient pour retrouver la liberté.

Le cri de tous ces peuples et personnes est le signe d’un besoin très fort, d’une souffrance très forte, un besoin de paix, de liberté, de pain et de vie meilleure.

Dans l’évangile, la prière des aveugles est toute simple : « Aie pitié de nous, Fils de David! » C’est leur cri, le cri qui sort de leur souffrance.

Les souffrances et les besoins des peuples et des personnes que j’ai évoquées sont aussi une prière toute simple qui monte vers Dieu. Elles ne s’expriment pas toujours dans les Églises mais sur la route de la vie et Dieu l’entend.
Ma prière est parfois tout simplement comme celle des aveugles : un cri exprimant ce qui ne va pas en moi, autour de moi… les souffrances dont je suis le témoin : « Prends pitié de nous, Seigneur ! » En disant « Fils de David » les aveugles expriment également leur espérance, celle que Jésus soit celui qui doit venir, celui qui a été promis par les prophètes.

La suite du récit nous montre que Jésus met à l’épreuve l’espérance de ces deux hommes aveugles : il ne leur répond pas tout de suite. Imaginons un instant la scène : les deux aveugles s’accrochent, continuent d’espérer en suivant Jésus sur la route, continuent d’espérer en criant jusque dans la maison et ils y entrent avec lui.
Alors Jésus s’intéresse à eux : il les interroge : « Croyez vous que je peux faire cela? » « Oui, Seigneur » répondent les aveugles. Jésus veut purifier la foi qui porte leur espérance. Le besoin humain qui les fait crier pourrait n’être que le désir d’un miracle, d’une guérison physique. Et cela est très important. Dieu écoute cela. C’est un point de départ ambigu mais naturel dans la recherche de Dieu.

Jésus, par sa question essaie de les faire progresser vers une foi et une espérance plus pures. Ils pensaient à eux. Il les oriente vers sa propre personne pour les amener à confesser qu’il est vraiment le Fils de David, celui que les Prophètes annonçaient : Croyez vous que je peux faire cela. Il leur demande de croire en lui plus comme Messie promis que comme guérisseur.

Devant les souffrances du monde, beaucoup voudraient des interventions miraculeuses seulement alors de Dieu, en Jésus, veut se révéler comme Lumière du Monde.

N’est-il pas merveilleux de voir ici comment Jésus respecte la liberté de l’homme : il suscite en nous l’attente, le désir, et la foi. Il éveille une confiance et une espérance en lui pour la combler au delà de nos attentes.
« Alors il toucha leurs yeux en disant : » Que tout s’accomplisse selon votre foi. » « SELON VOTRE FOI ». Ces mots nous révèlent que c’est notre foi qui met en branle la puissance de Jésus et qui la mesure : « je vais agir comme vous croyez que je peux le faire ». Voilà tout le secret des prières exaucées, des attentes comblées. Mais comme nous avons du mal à accepter d’être aussi puissants sur le cœur de Dieu. Pourtant Jésus a montré à maintes reprises comment notre foi a un impact sur lui. Rappelons-nous sa rencontre avec le Centurion romain. Frappé par sa confiance, il lui déclare : « Qu’il te soit fait comme tu as cru. » (Mt 8,23) Devant la Cananéenne qui fait des mains et des pieds pour lui arracher la guérison de sa fille, il cède, émerveillé : « Ta foi est grande ! Qu’il te soit fait comme tu veux. » (Mt 5,28)

En revanche, le manque de foi le rend impuissant. A Nazareth, où ses compatriotes ne voient en lui que le fils du Charpentier Joseph, « il ne fit pas beaucoup de miracles à cause de leur incrédulité », nous raconte Saint Matthieu (Mt 13,58).

C’est clair : pour obtenir quelque chose de Dieu, en Jésus, crions avec confiance et persévérance « Je crois que tu peux faire cela pour moi, pour nous, pour le monde qui souffre et attend des jours meilleurs ». Amen.


 © Communion de Jérusalem - 19 décembre 2007