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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choisissant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Qui perd sa vie
à cause de moi la trouvera !
Jeudi, 13 septembre
2007 - Saint
Jean Chrysostome – Année C
Mt 10, 39-42
Homélie de frère Antoine-Emmanuel, fmj
Pour
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Une fois encore le Seigneur frappe
à la porte de notre cœur.
Il frappe et sa voix se fait entendre :
Où est
l’homme qui désire la vie,
épris de
jours où voir le bonheur ? (Ps 33(34)13)
Et nous pouvons répondre :
Oui, nous
désirons la vie
nous voulons, oui, trouver la vie
(Mt 10,39).
Non pas une vie qui nous échappe
comme le sable passe entre les doigts de la main.
Pas une vie qui charrie injustices et douleurs
comme un fleuve pollué.
Pas une vie condamnée à mort
qui ressemble à une voie finissant dans un mur.
Non ! Notre âme désire une vie qui palpite sans cesse,
une vie qui s’identifie à l’amour,
une vie partagée avec tous dans un éclat de joie ;
bref : la vie éternelle !
Oui, cette vie-là nous voulons la trouver.
Mais, là, nous nous retrouvons devant un paradoxe ;
cette vie, si nous pensons l’avoir trouvée ici-bas,
sachons que déjà nous en avons perdu la trace.
Pour la trouver, il n’y a qu’une possibilité : la perdre.
Si nous avons une graine dans la main
et que nous désirons un épi,
il n’y a qu’une solution :
perdre notre graine en la jetant en terre.
Qui trouve sa vie
la perdra !
Qui perd sa vie
à cause de moi la trouvera ! (id.)
La boussole pour notre route tient en ces mots :
« perdre ma vie à cause
de Jésus »
Ce qui veut dire connaître, déployer et offrir
toutes les richesses que nous portons en nous.
Que dirions-nous d’une rose
qui garde son parfum pour elle-même ?
D’un lys qui ferme ses pétales et refuse d’offrir sa
beauté ?
D’un arbre qui refuse de donner ses fruits ?
C’est absurde.
Comme est absurde la vie de l’homme, de la femme
qui garde pour soi les richesses de son cœur.
Et tous nous portons de grandes richesses !
Et si nous sommes des blessés de la vie ?
Nous le somme tous
et nos blessures sont comme des failles
qui permettent aux sources cachées de jaillir du rocher !
Nous pouvons faire tellement de bien autour de nous.
L’Évangile d’aujourd’hui nous le dit avec audace :
Qui vous accueille
m’accueille,
et qui m’accueille,
accueille qui m’a envoyé (Mt 10,40).
Qui nous accueille,
nous qui perdons notre vie à cause de Jésus,
accueille le Seigneur lui-même !
Nous pouvons donner Dieu !
En sommes-nous conscients ?
Qui accueille un
prophète en nom de prophète
recevra salaire de
prophète (10,41).
Nous serons un don,
une bénédiction pour les autres si nous
prophétisons,
c'est-à-dire si nous laissons Dieu parler à travers nous.
Qui nous accueille recevra une récompense de prophète,
ce qui veut dire qu’il recevra la Parole de Dieu qui donne Vie !
Et si nous n’osons prophétiser,
notre vie elle-même parlera de par notre « justice ».
C'est-à-dire notre obéissance à l’amour de Dieu.
Et ceux qui nous accueillerons
auront une récompense de justes :
ils goûteront par nous la présence aimante de Dieu.
Et si nous sommes plus démunis encore,
nous serons ces « petits » dont parle Jésus (10,42)
ces pauvres de Dieu.
Et qui nous accueillera ne perdra pas sa récompense :
il ou elle rencontrera Dieu lui-même !
C’est ainsi que nous tous
nous pouvons devenir des sacrements de Dieu !
Mais la condition est
que nous perdions notre vie à
cause de Jésus.
Et cela ne va pas sans l’impression de mourir.
Nous donnons notre parfum ;
nous donnons notre beauté ;
nous donnons notre fruit,
nous nous perdons,
mais d’autres, par nous sont enrichis.
Paul exprime cela dans la deuxième lettre aux Corinthiens
d’une manière géniale :
Quoique vivants en
effet,
nous sommes
continuellement livrés à la mort à cause de
Jésus
pour que la vie de
Jésus soit, elle aussi,
manifestée
dans notre chair mortelle.
Ainsi donc, la mort
fait son œuvre en nous,
et la vie en vous (2
Co 4,11-12).
La mort, la fatigue, la peine, œuvrent en nous,
mais la vie fleurit en d’autres.
Et elle fleurit en nous
parce que d’autres peinent pour nous !
Quelle grâce, quelle joie
à chaque fois que nous embarquons dans le fleuve du don de soi.
Je sentis la
charité entrer dans mon cœur,
le besoin de
m’oublier pour faire plaisir,
et depuis lors, je
fus heureuse (Thérèse de l’Enfant Jésus).
Voilà bien pourquoi nous célébrons l’Eucharistie :
elle nous plonge dans le fleuve du don de soi,
elle nous insère,
nous immerge dans l’offrande se soi de Jésus
qui perd sa vie pour le Père, vers le Père, et pour nous !
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©
Communion de Jérusalem - 17 septembre
2007
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