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Fraternités de Jérusalem - Montréal                                
Sanctuaire du Saint-Sacrement
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«En choissisant de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que ta vie est au coeur de Dieu. »

Livre de vie de Jérusalem





Père Gérard Busque 
  Le Cœur amoureux de Jésus


  Vendredi 30 mai 2008 - LE SACRÉ-CŒUR DE JÉSUS - A
  Dt 7, 6-11 ; Ps 102 ; Jn 4, 7-16 ; Mt 11, 25-30


  Homélie du père Père Gérard Busque, sss 

Il est bon de se rappeler d’abord que les chrétiens honorent le Sacré-Cœur de Jésus depuis le début de l’Église. En commençant par Saint Jean qui contemple le corps du Christ en croix, et qui attire notre regard sur son cœur transpercé d'où jaillirent du sang et de l'eau. Au cours de l'histoire, l'épanchement de ce sang et de cette eau a été interprété de diverses manières. Certains y ont vu un signe de la réalité de la mort de Jésus. D’autres y ont vu un signe du don de l'Esprit-Saint. Plusieurs ont considéré le sang et l'eau comme des symboles du baptême et de l'Eucharistie. Nous baptisons avec de l'eau, et le vin consacré à l'Eucharistie devient le sang du Christ. On a aussi compris le sang et l'eau comme un signe de la naissance de l'Église issue du côté ouvert de Jésus.
En 1672, Saint Jean Eudes fut le premier à célébrer l’eucharistie en l’honneur du Sacré-Cœur. Trois ans plus tard, une religieuse de Paray-le-Monial, Sainte Marguerite-Marie Alacoque, eut des révélations au sujet du Sacré-Cœur de Jésus. Une fois connues, ces révélations favorisèrent la diffusion d'une messe du Sacré-Cœur qui devint très populaire en Pologne, au Portugal, en Autriche, en Espagne. En 1856, le pape Pie IX, l'étendit à toute l'Église de rite romain. La dévotion et la messe du Sacré-Cœur invitent à fixer notre attention sur le cœur de Jésus. Un cœur aimant, compatissant et miséricordieux. Un cœur qui révèle le cœur de Dieu.


Parler du cœur d'une personne, c'est parler de ce qu'elle est intérieurement, au plus profond de son être. Quand nous disons de quelqu'un qu' « il a un cœur d'or » ou qu' « il n'a pas de cœur », cela veut tout dire. Nous disons aussi « c'est un homme de cœur, une femme de cœur », ou bien « c'est un sans-cœur ». La Bible parle de ceux et celles qui ont un « cœur de pierre » ou un « cœur de chair ». Avoir un cœur de chair signifie être ouvert, accueillant, plein de tendresse et de miséricorde.

Le Sacré-Cœur a un cœur de chair, c'est-à-dire qu’il est une personne ouverte à tous, pleine de tendresse et de miséricorde. Son cœur nous révèle pleinement Dieu, un Dieu d'amour, un Dieu qui aime, qui aime tout le temps, et qui ne peut pas ne pas aimer.

Il nous montre qu’en Dieu, l'amour n'est pas une réalité parmi d'autres. Il est la réalité qui fonde tout, résume tout, englobe tout, dit tout. Dieu est amour (1 Jn 4,16). Il n'est que cela. Rien d'autre.

Les textes que nous venons d'entendre nous ouvrent de vastes fenêtres sur ce Dieu qui est amour et sur le Cœur amoureux de Jésus qui le révèle. Je dis « le cœur amoureux de Jésus », car c'est de cela dont nous parlons quand nous parlons du Sacré-Cœur de Jésus. Le cœur de Jésus est sacré parce qu'il est amoureux. Parce qu'il n'est qu'amour, comme Dieu n'est amour. L'amour de Jésus, l’amour de Dieu, est un amour personnel et un amour qui vient au-devant de nous. Il nous précède. Pensons à la parabole de la brebis perdue et aux autres semblables. Dieu n'attend pas d'être aimé pour aimer. Il aime le premier. Son amour a comme première caractéristique d'être un amour gratuit. Il aime ce qui n’est pas aimable et sa joie est de donner sans compter, de pardonner sans condition.

Une autre caractéristique de son amour, c’est un amour fidèle, un amour qui jamais ne se brise, jamais ne s'éteint. Dieu aime, même quand on ne l'aime pas ou quand on ne l'aime plus. Voilà ce dont témoigne le cœur amoureux de Jésus. Il en a témoigné jusque sur la croix. Il a aimé en pardonnant à ses détracteurs et à ses assassins. « Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu'ils font  (Lc 23,34)».

Jésus a dit un jour que le signe du plus grand amour était de donner sa vie pour ceux qu'on aime (Jn 15,13) ; il aurait pu dire aussi que le signe du plus grand amour est de pardonner à ceux qui ne nous aiment pas.

Nous qui vivons cette fête, ce soir, il nous arrive certainement de sentir parfois, d’éprouver au fond de notre cœur que nous sommes personnellement aimés de Dieu et aimés du Christ Jésus.
Cependant cet amour attend une réponse de notre part. Une réponse libre et joyeuse. La  première réponse que Dieu espère de nous et c’est la plus difficile à donner, c’est de ne pas refuser cet amour gratuit. Tel est le sens de l’appel de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau. » (Mt 11,28)

Venir à lui, c’est d’abord le laisser venir vers nous, le laisser nous prendre sur ses épaules comme la brebis perdue, le laisser nous revêtir de la tunique des enfants de Dieu, comme le fils prodigue, le laisser nous laver les pieds, bref venir à lui, c’est nous laisser envelopper de sa miséricorde, nous qui ployions sous le fardeau de nos péchés et trouver en lui notre repos. C’est la plus grande conversion, la plus difficile : nous livrer à son amour sauveur avec nos péchés.
Cela implique de lui faire totalement confiance, de nous détacher de nous-mêmes et le suivre sur son chemin de l’amour qui divinise.

Alors en accueillant son amour, et ce sera notre deuxième réponse, nous deviendrons capables de nous aimer les uns les autres comme il nous aime. Si nous aimons en vérité, nous avons le plus beau signe que nous accueillons en nous l'amour de Dieu.

Notre accueil de l’amour de Dieu n’est pas parfait. L'amour que nous nous portons les uns envers les autres n'est pas non plus un amour parfait. Nous avons le désir de progresser vers la perfection de l'amour. Ce soir c’est le Sacré-Cœur qui nourrit notre soif. « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » (Mt 11,28). Jésus nous invite à nous reposer en lui pour apprendre à aimer comme lui.

Quand notre vie est difficile, quand nous ne sommes pas à la hauteur de l'amour que Dieu attend de nous, rapprochons-nous du Christ, tenons-nous en lui. En lui, nous retrouverons le désir et la force de continuer à tendre vers la perfection de l'amour. Amen.



 © Communion de Jérusalem - 25 juin 2008