Les
Fraternités
monastiques de
Jérusalem
Se laisser saisir par l'indicible
Marie-Laure
Desangles,
fmj,
Liturgie, Foi et Culture,
Bulletin national de liturgie -
Revue de l'Office national de liturgie,
Conférence des évêques catholiques du Canada -
Les liturgies orientales - Les comprendre et s'en inspirer,
Volume, 38, numéro 178, été 2004, pages 35
à 44.
Célébrer
l'eucharistie avec les
Fraternités de Jérusalem
L'eucharistie dominicale,
en l'église Saint-Gervais de Paris, s'ouvre par la psalmodie
d'un verset de saint Paul; «Vous tous qui avez
été baptisés en Christ, vous avez revêtu le
Chris». À trois reprises, les frères et les
sœurs effectuent un geste qui étonne souvent les nouveaux
arrivants: ils s'inclinent profondément, en touchant le sol avec
leur main droite, puis ils se redressent en faisant un signe de croix.
C'est une «métanie»
(du grec metanoïa, qui signifie retournement ou
conversion):
un geste qui exprime, de façon suggestive, l'humilité en
touchant la terre dont nous avons été tirés par le
Dieu créateur; un geste aussi de mort-résurrection: on
expire en se penchant vers la poussière où nous
retournerons et on inspire en étant relevé par la croix
du Christ.
Les Fraternités monastiques de Jérusalem ont ainsi
intégré dans leur liturgie
un certain nombre d'éléments orientaux. Leur
fondateur, le Père Pierre-Marie
Delfieux, a très vite eu l’intuition qu’il fallait, selon la
formule rendue
célèbre par le pape Jean-Paul II, que l’Église
«respire avec ses deux
poumons». Sa nouvelle communauté avait non pas
à
chercher à créer une liturgie nouvelle - qui se serait
bien
vite démodée -, mais à retourner puiser aux
sources de la liturgie de l’Église indivise des premiers
siècles,
en même temps qu’elle intégrait les apports conciliaires.
Tel
le disciple du Royaume qui «tire de son trésor du neuf
et
de l’ancien». Car «la liturgie ne s’invente pas,
écrit le P. Delfieux, elle se reçoit. Mais elle se
reçoit pour être vécue. Elle est donc
enracinée dans toute une tradition et se traduit par une
expérience d’où n’est pas exclue une certaine
création»2.
La tradition reste le guide qui empêche de verser dans un
syncrétisme de mauvais aloi. Les Fraternités de
Jérusalem appartiennent à l'Église catholique
romaine et célèbrent selon le rite latin. Être
sensible à l'apport de la mystique orientale ne signifie pas
jouer aux faux orthodoxes. Le schéma des offices demeure donc
classique: invitatoire, hymne, psaumes, lectures, cantique de Zacharie
aux laudes, et de Marie aux vêpres, prière d'intercession.
Cependant, quelques petites modifications ou additions suffisent
à instaurer
un climat spirituel particulier. Comme une lumière changeante
révélerait un paysage différent.
Des gestes
Cela se remarque d'abord
sur le plan visuel, dès l'entrée dans l'église.
Les frères et sœurs ne sont
pas assis dans des stalles, se faisant face, comme il est de
règle
dans la plupart des monastères latins. Ils sont debout dans le
chœur
de l'église. Leurs silhouettes blanches invitent à
regarder
Celui vers qui ils sont tournés, le Christ, «Orient des
Orients», symbolisé par l'autel et la croix, Celui par
qui leur vie est orientée. Tous les offices sont chantés
debout: c'est pour l'Orient, la position qui
manifeste à la fois la condition de ressuscités, à
la suite du Christ qui
s'est relevé du tombeau, et le signe de l'attente vigilante de
son retour.
Procession de l'Évangéliaire,
les Fraternités monastiques de Jérusalem,
église Saint-Gervais, Paris.
Comme en Orient aussi,
l'attitude corporelle des membres de l'assemblée reste libre.
Pas question de demeurer immobile sur
sa chaise: il n'y a quelques tabourets. Chacun peut choisir la position
qui
lui convient, assis par terre ou prosterné, à genoux
près du chœur ou debout à côté d'un pilier.
Beaucoup se déplacent dans l'église, à commencer
par les petits enfants installés devant les frères et
sœurs, au pied de l'autel. Dans la liberté
des fils qui vivent dans la Maison du Père.
Pour favoriser la
participation de tout l'être - et donc du corps - à
l'action liturgique: il y a les métanies,
l'élévation des mains pour la louange ou l'offrande, les
processionaux pour la Parole ou les oblats. Il y a aussi l'encens dont
le thuriféraire honore largement l'autel, les icônes et
toute l'assemblée;
la lumière qui, tamisée au fond de la nef, inonde le
chœur
au chant du lucernaire, la flamme des bougies qui palpite devant les
icônes. Tous les sens sont sollicités «car le
corps est pour le
Seigneur et le Seigneur est pour le corps» (1 Co 6, 13).
Tous ces
gens
vêtus de blanc, qui sont-ils, et d'où viennent-ils? Ils
viennent de la grande épreuve; ils ont lavé leurs
vêtements, ils les ont purifiés dans
le sang de lAgneau. C'est pourquoi ils se tiennent devant le
trône
de Dieu, et le servent jour et nuit dans son temple.
Ap 7, 13-15
Icône et Lumière...
dans la nuit du 31 décembre 2003 au 1er janvier 2004
© Fraternités de Jérusalem
Il y a enfin les
icônes, comme autant de fenêtres ouvertes sur la gloire du
ciel: la grande icône du Christ Pantocrator, derrière
l'autel, encadrée par celles de jean le Précurseur, qui
montre l'Agneau de Dieu, et de Marie, tournée vers son Fils.
Au bas des marches de l'autel, on trouve l'icône correspondant au
temps liturgique ou à la fête du jour et que l'on peut
venir
vénérer. Leur présence rappelle la multitude des
anges
et des saints qui célèbrent avec nous et souligne le
caractère
eschatologique de la liturgie qui nous permet d'anticiper ce qui sera
notre
tâche et notre joie pour l'éternité: chanter la
gloire
de Dieu.
Des chants
Le choix des textes et des chants manifeste aussi le désir de
puiser aux richesses de l'Orient et de l'Occident chrétiens. Non
pas dans les lectures bibliques, qui suivent le lectionnaire romain,
mais dans les textes patristiques ou mystiques qui sont lus à
chaque office. À
côté des pages classiques et si belles d'Augustin, de
Léon le Grand ou de saint Bernard, on peut entendre des
Pères grecs ou syriaques, les Pères cappadociens,
Athanase ou Chrysostome, Ephrem ou Maxime le Confesseur, et parfois des
passages de grands mystiques orthodoxes comme Nicolas Cabasilas ou
Seraphim de Sarov.
Notre répertoire de chant, au chapitre de la rencontre avec
l'Orient chrétien, doit beaucoup au travail de pionniers qu'ont
accompli les moines de l'abbaye de Chevetogne, en Belgique, pour
traduire en français la liturgie byzantine. Grâce à
eux, nous pouvons chanter des tropaires byzantins, les grandes
entrées eucharistiques (l'hymne des Chérubins, l'hymne
des présanctifiés), des Trisagion (les acclamations au
Dieu trois fois saint) sur les huit tons byzantins ou le grand hymne
acathiste marial. Ces chants s'accordent sans
difficulté avec le reste de notre répertoire qui puise
abondamment dans la Liturgie chorale du peuple de Dieu,
créée par le dominicain André Gouzes. Ce dernier a
été fortement inspiré par les mélodies
byzantines et a choisi comme textes de ses hymnes, antiennes et
tropaires des versets de l'Écriture ou des Pères. Tous
les chants sont interprétés en polyphonie, sans
accompagnement instrumental.
Nous avons aussi reçu de l'Orient un souci accru de la louange
- la prière universelle prend la plupart du temps la forme de
litanies de louange - et de la célébration de l'Esprit
Saint. Ainsi, tous les offices commencent par une hymne à
l'Esprit, qui peut d'ailleurs être d'origine latine - comme le Veni
Creator ou le Veni Sancte que nous chantons avant les
laudes - ou byzantine - comme le Roi
du ciel consolateur qui commence en Orient tous les offices et que nous
chantons
avant l'office du milieu du jour.
Dans les offices quotidiens, un moment synthétise cette part
d'innovation et de retour à la tradition de l'Église
indivise que nous
nous efforçons d'introduire: le lucernaire, que mentionnent
déjà
les descriptions de la liturgie de Jérusalem laissées par
Égérie et qui est attesté dans les grandes
liturgies cathédrales
du IVe siècle. Le lucernaire prend place au début de
l'office de vêpres, après le chant à l'Esprit Saint
et l'hymne, et réunit les rites de l'encens et de la
lumière, que le thuriféraire puis la
céroféraire viennent tour à tour faire
bénir par le président. Pendant l'encensement, sont
chantés les
stichères du psaume 140 (141): «Que ma
prière vers toi, Seigneur,
s'élève comme l'encens, et mes mains devant toi, comme
l'offrande
du soir.» Et, pendant que le chœur est illuminé
progressivement
et que sont allumées les bougies sur l'autel et devant les
icônes,
le Christ-lumière est célébré avec les
paroles
d'un chant déjà mentionné par saint Basile dans le
Traité
du Saint-Esprit: «Joyeuse lumière, splendeur
éternelle
du Père, saint et bienheureux Jésus Christ!»
De quelques célébrations
Au cours du cycle de l'année liturgique, certaines
célébrations s'inspirent plus directement de l'Orient
chrétien. Pendant le temps de Noël, nous solennisons ainsi,
par des vigiles et un abondant recours aux tropaires de la fête,
la célébration de la Théophanie qui déploie
le mystère de la manifestation du Christ sous ses trois aspects
de l'adoration des mages, du baptême au Jourdain et
des noces de Cana.
Durant le Carême, nous chantons le Grand Canon pénitentiel
de saint André de Crète (VIIIe siècle), «le
chant des larmes», selon la belle formule du
théologien orthodoxe
Olivier Clément. Mais cela suppose quelques adaptations, car il
ne
nous est pas possible de chanter en un seul office la totalité
de
ce Canon extrêmement long. Nous avons donc choisi d'en prendre
quelques
strophes, chaque matin, à laudes; cette longue méditation
sur
les figures bibliques de la pénitence peut être parcourue
pendant
tout le Carême.
Le Triduum pascal donne aussi l'occasion de chanter quelques beaux
tropaires byzantins: «À ta mystique et sainte
Cène...», pendant l'eucharistie du jeudi Saint; «Que
tout fasse silence», lorsque le Vendredi Saint on apporte
pour la communion les hosties consacrées la veille. Le rite de
l'epitaphion, représentant la mise au tombeau du Christ, est
ajouté à l'office latin de la croix du Vendredi Saint: un
crucifix, posé sur l'autel, est recouvert d'un linceul, tandis
qu'au pied brûlent les vases d'encens et d'aromates. On chante
alors le tropaire de Joseph d'Arimathie: «Donnez-moi le corps
de ce pèlerin qui n'a pas de pierre où reposer la
tête.»
Le Samedi Saint - le «Grand Samedi», comme dit
l'Orient - est célébré l'office de la descente aux
enfers. On y chante des psaumes recto tono, des tropaires qui
déclinent les paradoxes de ce jour: «Tu es descendu
vers la mort, toi l'immortelle Vie»; on y lit
l'homélie du Pseudo-Épiphane: «Un grand silence
règne aujourd'hui sur la terre, un grand silence et une grande
solitude, un grand silence car le roi dort ».
Enfin, pendant la grande octave pascale, on chante, comme
méditation de la première lecture biblique au cours de
l'eucharistie, les Kondakia de Romanos le Mélode, du IVe
siècle: «Jour de la Résurrection! Peuples,
rayonnons de joie: c'est la Pâque, la Pâque du Seigneur»
où, au fil des odes, la même proclamation retentit sans
cesse joyeusement: «Le Christ est ressuscité des morts,
il a triomphé
de la mort, il nous délivre du tombeau pour nous donner la vie».
Dans le cycle hebdomadaire, l'office du dimanche matin est celui qui
rassemble le plus de traits byzantins: l'office de la
résurrection, appelé aussi
office des myrrhophores, qui tôt le matin vient raviver la joie
de la résurrection
du Christ. Après l'hymne, les psaumes, la lecture patristique,
choisis selon
cette thématique, un tropaire de la résurrection est
chanté sur l'un des
huit tons byzantins: «Ressuscité du tombeau dans la
gloire divine, tu as ressuscité le monde avec toi» ou
«Des enfers où tu descendis, mon Sauveur, tu as
brisé les porte». Le Trisagion reprend ensuite le
même ton: ainsi, en deux mois les huit tons sont
exécutés et chaque dimanche garde sa couleur propre. L'un
des «onze évangiles», comme disent les
Orientaux, qui découpent ainsi en onze péricopes les
finales des quatre Évangiles, du matin de Pâques à
la dernière apparition au bord du lac, est proclamé:
«Le Seigneur est Dieu, il nous est apparu. Béni soit
celui qui vient au
nom du Seigneur!» L'icône de la
résurrection, qui est en fait celle de la descente aux enfers,
où l'on voit le Christ,
foulant aux pieds les instruments de sa Passion, saisir le poignet
d'Adam
et d'Ève pour les ramener vers la lumière de la vie, est
vénérée
par tous, pendant que l'on chante les myrrophores qui «de
grand
matin, se hâtaient tout en larmes vers le tombeau».
Après
le chant du Notre Père, sur des mélodies russes de Kedrov
ou
de Bortnianski, l'office se clôt par un triple alléluia
pascal.
Du sens
Quel sens prend l'intégration de ces éléments
orientaux dans la liturgie d'une communauté comme la
nôtre, dont le charisme est de vivre, de prier et de travailler
au milieu des grandes villes de notre temps et d'y témoigner du
Christ sauveur? On pourrait penser qu'il y a là une
démarche un peu passéiste ou désincarnée
qui convient mal au XXIe siècle. L'expérience montre au
contraire que cette liturgie peut répondre à la
sensibilité et aux attentes de nos contemporains.
Son premier intérêt paraît être d'ordre
œcuménique. C'était déjà l'intuition de Dom
Lambert Beauduin qui a fondé, dans les années 1920, en
Belgique, le monastère d'Amay, qui a été
transféré à Chevetogne. Là, des
frères vivent en commun la même vie monastique mais ils
célèbrent, pour les uns, en rite latin, pour les autres,
selon le rite byzantin: pour se retrouver, il faut se comprendre et,
pour se comprendre, il faut se connaître. Peut-on prendre
connaissance plus intime de l'autre qu'en priant, non seulement pour
lui, mais avec lui, comme lui, et en découvrant de
l'intérieur les richesses de sa tradition? Nous faisons donc
ainsi un pas vers l'Orient et nous apportons notre petite pierre
à la construction de l'édifice œcuménique qui,
après de notables avancées au siècle dernier,
semble aujourd'hui marquer le pas. Sans oublier les beautés de
la liturgie latine, nous avons en cela la grâce de goûter
aux trésors qu'a conservés cette tradition: un sens plus
aigu du mystère, une insistance plus marquée sur les
dimensions pneumatologique et eschatologique de la liturgie, une
spiritualité plus centrée sur la louange et la
contemplation de la gloire de Dieu, une affirmation plus
radicale de la vocation de l'homme à la sainteté et de sa
participation
à la nature divine.
Paradoxalement peut-être, tout cela parle aux hommes et aux
femmes d'aujourd'hui. C'est pourquoi le second intérêt de
cette liturgie est d'ordre pastoral. Ni ceux qui entrent par hasard
dans l'église, au sortir de la bousculade du métro ou du
bruit incessant des automobiles et de la foule, ni ceux qui viennent
régulièrement participer aux offices ne sont, sauf
exception, assez férus de liturgie pour noter ici telle addition
ou là telle inflexion du schéma latin. Ils ne se posent
pas ce genre de questions. Dans l'église lumineuse et
silencieuse, ils trouvent un climat différent, un lieu où
ils peuvent déposer leur fardeau et leur fatigue, où ils
peuvent se sentir accueillis, guéris,
désaltérés, nourris par Celui qui y habite.
Ce qui les touche d'abord, c'est le silence: chaque office est
précédé
d'une demi-heure d'oraison silencieuse pendant laquelle tous les
frères et sœurs, en coule ou cape liturgique, sont
agenouillés ou prosternés dans
le chœur. Un silence paisible, habité par la prière, qui
permet de s'y glisser
pour se refaire au soir d'une journée laborieuse ou
dispersée, pour retisser
son unité et rejoindre son cœur profond.
La liturgie peut alors s'établir dans la durée: un temps
long, qui donne un avant-goût d'éternité, et un
rythme lent, pour redécouvrir le poids de chaque minute, le
goût de l'aujourd'hui de Dieu. De l'Orient, nous avons retenu la
leçon des liturgies longues mais pleines. Chaque action
liturgique doit être accomplie avec une présence vraie de
chacun à ce qu'il fait; un rythme doit s'établir, sans
hésitation ni temps mort. Ainsi, si chaque instant parvient
à sa plénitude, C'est parce qu'on y est
entièrement présent. La liturgie ne paraît pas
«longue»: elle guérit les tentations de
dispersion et de fuite en avant. Elle ne paraît pas «lente»:
elle apprend la demeurance en Dieu.
Par l'importance accordée au corps, la sollicitation des sens
convient au citadin habitué à la richesse et à la
diversité
des stimulations. En revanche, il peut être rebuté par la
sécheresse d'une liturgie - c'est un peu la tentation de
l'occident moderne - qui
ne s'adresserait qu'à la raison. La sollicitation des sens prend
alors une valeur thérapeutique: la lumière agressive des
néons laisse place à la flamme vivante des bougies; les
parfums
exaspérant l'éros sont supplantés par l'encens;
les
affiches, qui chosifient les corps, laissent place aux icônes qui
donnent à contempler un corps spiritualisé et pleinement
personnel; l'harmonie des voix qui, dans la polyphonie, s'accordent
sans
se confondre, efface la cacophonie des mots et des cris qui veulent
séduire
ou dominer; les paroles humaines, qui souvent se perdent sans
écho,
se taisent pour que la Parole de vie s'élève. On est
déjà
là dans l'ordre de ce que l'Orient nomme la transfiguration.
La liturgie peut aider à la guérison et à la
réconciliation. Les frères prêtres qui se relaient
au bureau d'accueil de l'église pourraient témoigner des
conversions que le Seigneur accomplit dans et par la liturgie. Elle
fait advenir un rapport nouveau à soi-même qui transforme
également la relation avec l'autre. Loin d'enfermer chacun en
soi, elle permet de sentir que tous sont tournés vers la
même source de vie, participent du même Corps et sont
membres de ce Corps. Parce qu'elle a aidé à toucher le
Christ, dans sa dimension mystérique et
ecclésiale, elle permet de
repartir dans la cité pour rencontrer le Christ présent
dans
chacun des visages qui l'habitent.
Spiritualité et mystère
Introduire des éléments orientaux dans une liturgie
latine ne revient pas à plaquer sur elle quelques rites
étranges, par quelque effet de mode ou de recherche d'exotisme.
Ils ne feraient alors que nuire à la cohérence de
l'ensemble et introduire une dysharmonie. Cela indiquerait peu de
respect pour la tradition ainsi pillée.
Peu importe que tel geste ou tel chant soit adopté. Ce qui
dilate l'âme des frères et sœurs qui prient cette liturgie
trois fois par jour, tout au long de leur vie, ce qui parle au cœur des
laïcs qui viennent célébrer avec eux est la
redécouverte d'une spiritualité centrée sur le
mystère de Dieu, orientée vers la résurrection et
la transfiguration, et qui affirme que l'homme est aimé et
créé pour le bonheur, pleinement trouvé
en Dieu.
Notes:
1. Delfieux, Pierre-Marie.
«Moine au
cœur de la ville», Paris, Bayard, 2003, 303 pages.
2. Delfieux, Pierre-Marie.
«Liturgies de Saint-Gervais», Sources Vives, no, 70,
novembre 1996, page 38.
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