soeur Catherine,
fmj
Sources
Vives - Supplément, numéro 131
janvier
2007, pages 18-23
Pour la troisième fois, nous
avons pu nous émerveiller devant la beauté des couleurs de l'automne que ce soit sur les pentes
du Mont Royal ou à travers ces forêts que nous traversons
pour aller en désert. L'intensité des rouges, des verts,
des jaunes, des oranges des feuilles d'érable, en cette saison,
transforme la nature en un feu magnifique qui rend gloire à Dieu
«car la grandeur et la beauté des créatures font
par analogie contempler leur Auteur» (Sg 13,5).
De l'image, nous sommes passés
à la réalité, lorsque dans la nuit du 7 au 8
octobre, notre bazar de charité fut transformé en une
immense torche. Il ne reste pratiquement plus rien du bâtiment.
Mais Dieu est bon et dans quelques mois, grâce aux assurances et
aux dons, tout sera reconstruit plus beau qu'avant. Quand on lit
l'histoire de l'Église du Québec et le nombre d'incendies
qui détruisirent tant de couvents, de monastères,
d'hôpitaux, il nous fallait bien nous aussi passer par cette
sorte de «baptême du feu».
Deux ans déjà, c'est bien
peu et pourtant je crois que chacun des frères et sœurs pourrait
dire qu'il se sent bien en terre québécoise, au cœur de
cette ville de Montréal, citadin parmi les citadins. Les
Fraternités se sont élargies, avec un noviciat
formé de plusieurs postulants et novices : Yannick et
Michaël chez les frères ; Susannah, Magdalena, Marie et
Nathalie, chez les sœurs.
Nous avons eu la joie, début
octobre, d'aller tous ensemble à la découverte de notre
capitale fédérale, Ottawa, dans l'Ontario. C'est une
ville magnifique, avec sa colline du Parlement, entourée d'eau,
et sa belle cathédrale néo-gothique où nous avons
célébré les vêpres présidées
par Mgr Gervais qui nous a ensuite reçus à sa table avec
beaucoup d'amitié.Autre ouverture au monde anglophone l'accueil
d'étudiants de Columbia University, et la préparation
d'une fin de semaine à Boston, en octobre 2007. Nous sommes
invités en effet à témoigner de notre vie et
à donner quelques enseignements aux étudiants de
différentes universités de Boston. Cela, bien sûr,
pour nos frères et sœurs bilingues ; les autres porteront leur
mission en priant devant le Saint-Sacrement, dans l'église
Saint-Paul.
Peu à peu se dessine ce qui
semble être la particularité de notre appel à
Montréal. Nous prions au sanctuaire du Saint-Sacrement, premier
sanctuaire voué à l'adoration eucharistique en
Amérique du Nord. Cette église est habitée par la
Présence réelle, exposée depuis plus d'un
siècle, et c'est une grâce tangible. La fraternité
eucharistique, fondée par les Pères du Saint-Sacrement,
continue d'assurer cette adoration et le groupe des veilleurs augmente,
devenant une véritable école de prière. Petit
à petit, avec la grâce de Dieu, nous espérons
pouvoir ouvrir le sanctuaire à l'adoration de nuit. Notre
fête sera désormais le 12 mai, Notre-Dame du
Saint-Sacrement.
Comme nous le savons, l'adoration
vivifie, convertit, pacifie et guérit. Nous recevons aussi comme
un autre appel, celui à un ministère de guérison
dans la prière et par la prière. Le deuxième
vendredi du mois, le chapelet est récité après
l'Eucharistie à cette intention, et les fraternités
Siloé et Bonne Nouvelle continuent de cheminer avec cette
grâce toute particulière.
Nous ressentons aussi, au cœur de notre
Église de Montréal, une belle soif de formation
spirituelle et nous essayons d'y répondre à la mesure de
nos moyens. […]